Poire cuite

Publié le par Popa

 

 Les contes pour enfants sont toujours pleins de monstres, d’ogres, de créatures laides et méchantes, toutes plus aimées car fascinantes pour des esprits disponibles et imaginatifs.

Votre Popa n’a pas échappé à cette fascination.

Le souvenir de Poire Cuite m’est revenu récemment en découvrant, dans la maison de Sévérac, un placard logé dans le mur, à mi-étage.

Le mur est un peu délabré et m’a rappelé l’escalier de l’immeuble du 4 boulevard de l’Hopital  où habitait ma marraine.

C’était un appartement avec un grand balcon donnant sur la cour d'arrivée de la gare d’Austerlitz. Il était au dernier étage et c’était au dessus, sous les toits, dans une improbable chambre de bonne où s’entassaient chaises cassées, valises poussiéreuses, vieux livres et bibelots non identifiés que résidait Poire Cuite !

Poire Cuite était un être hirsute, peut-être un humain, crasseux, famélique et barbu. Il était vêtu d’un épais manteau sans âge, un lourd manteau en grosse étoffe dont on ne distinguait même plus les carreaux tant il était limé. Poire Cuite portait ce vêtement, été comme hiver, dans ce réduit sous les toits, gelé l’hiver et torride l’été.

Poire Cuite ne sortait jamais, m’expliquait-on quand je m’inquiétais de ne jamais l’avoir rencontré soit en arrivant, soit en partant, dans les escaliers.

Poire Cuite était surtout une épouvantable menace. De celle qu’on brandissait pour me dissuader d’être trop gourmand du « diplomate », énorme gâteau au rhum –tout petit, j’adorais le parfum du rhum !- que faisait à merveille ma marraine ; c’était d’ailleurs le seul moment où l’on se montrait généreux avec Poire Cuite, lui réservant une part de cette gourmandise qui m’échappait !

Menace aussi de me « livrer » à Poire Cuite pour m’encourager à avoir des meilleures notes en classe. Là, « même pas peur », car c’était à titre préventif ! en revanche, une bêtise chez ma marraine pouvait être immédiatement sanctionnée par la punition Poire Cuite, c’était donc très dissuasif pour ce petit garçon de 5, 6 ou 7 ans que j’étais.

Sans doute, n’ai-je jamais mérité de punitions puisque je n’ai, vous vous en doutiez, jamais rencontré Poire Cuite.

Mais la crainte était tellement présente, que je ne suis entré qu’une seule fois dans ce réduit de chambre mansardée. Et en pénétrant dans l’antre de Poire Cuite, les souvenirs de ces intimidations me revenaient, me donnant la chair de poule. C’était à la mort de ma marraine, nous y récupérions quelques affaires sans valeur. Je garde précieusement de cet endroit quelques vieux livres de la fin du 19èeme siècle. Leur odeur de poussière et d’antiquité s’accommode bien de l’image de Poire Cuite.

Et aujourd’hui, j’imagine bien, caché au fond ce placard, peut-être à double fond et à passage secret, le nouveau repaire du… fils inattendu de Poire Cuite.

A votre place, les enfants, je serais très sages à Sévérac !!!

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Publié dans fleurs de mon passé

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E
Cet article aussi, je l'adore ...<br /> :o)<br /> Moi, ce qui me faisait peur, c'était le bout de mon lit sous la couette, je n'osais y détendre mes jambes, de peur qu'un serpent soit enroulé au fond, et que je ne le réveille.<br /> J'avais encore plus peur du dessous de mon lit. Pour y descendre ou pour y monter, je sautais pour que l'autre serpent, plus viscieux encore que celui qui dort sous ma couette. Ce serpent là, il était capable d'attraper mon pied trop lent, de l'enlacer et de me manger ! Rien que ca ! Une fois dans mon lit, en boule quasi intégralement sur l'oreiller, je finissais par m'endormir. A 22h22, je me détendais pour plonger dans le sommeil. Le lendemain matin, tous les serpents étaient partis. Enfin, celui de la couette, c'est sur. Celui sous le lit ... je sautais vite quand même, on ne sait jamais !<br /> :o)
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M
J'adore cette histoire!<br /> Mes parents n'ont jamais utilisé cette "ruse" mais il est bien évident que comme ous les enfants j'avais aussi des endroits inquiétants!
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P
<br /> et où çà????<br /> <br /> <br />