l'histoire du gâteau Brun

Publié le par Popa

C’est un bonheur de gourmandise à préparer ensemble : Papa, Maman, les enfants. Chacun son rôle !

 

Chez Popa, çà se passait comme çà.

C’était le samedi soir.Votre arrière grand-mère  Raymonde avait acheté un paquet de 48 biscuits « Thé » Brun dans son beau papier bleu marine et argent.

Le biscuit Brun n’était pas un « petit beurre »  ordinaire, fade, au lait, comme ceux de l’Alsacienne ou de Lu. Il était bien cuit, viril, croquant et un peu « brun » en effet !

 

Mamie Raymonde confectionnait une crème selon la recette indiquée à la fin de cet article, pendant que votre arrière grand-père, Charles, préparait un café noir très fort.

Moi j’étais assis à la table de la cuisine, recouverte d’une toile cirée genre madras, multicolore.

J’avais sept, huit ans (et même plus, car j’ai toujours adoré ce gâteau), et j’étais un peu impatient de m’y mettre aussi ; à vrai dire surtout de regarder, de me lécher les doigts de ce qui se préparait, et excité à l’idée de le manger, même s’il fallait attendre le lendemain midi !

 

Mon père allait dans le placard chercher invariablement la même planche carrée, en bois, qu’il avait taillée tout spécialement pour le gâteau. C’est dire qu’on en faisait souvent  des gâteaux Brun !!. Il la recouvrait tout aussi invariablement d’une feuille de papier aluminium, bien appliquée et rabattue en dessous de la planche.

La piste était prête, avec le brillant du papier alu, c’était déjà la fête !

 

C’était le moment où mon père prenait un à un les biscuits et les trempait délicatement dans le café.

Il posait une rangée de huit biscuits imbibés à plat sur la planche, et je (ou votre arrière grand-mère, quand je  finissais par me lécher trop les doigts !) tartinais les biscuits d’une couche de crème battue au bon goût de sucre et de vanille….

Mon père plaçait une seconde couche, et hop ! je tartinais !

Puis une troisième, et hop encore, je tartinais… enfin, non ! là, j’en avais déjà trop plein les doigts et Mamie Raymonde sévissait, me menaçant sans doute que je n’aurais pas de gâteau le lendemain puisque j’en avais déjà manger ma part. Evidemment je n’y croyais pas !

Enfin, une quatrième, une cinquième et une sixième et ultime (au sens anglais de « ultimate » !)  couche ponctuaient cette œuvre d’art culinaire familiale. Vous m’avez suivi : 8 biscuits multiplié par 6 couches, çà fait bien 48 biscuits. Pas bête chez Brun !!

 

Oui, l’ultimate !!! L’ultimate, car  Mamie Raymonde revenait en jeu avec le chocolat qu’avait râpé mon père avec la râpe à gruyère, côté petits trous. De fins copeaux recouvraient densément la couche du dessus et donnait un aspect très professionnel à ce gâteau.

Et attention, car d’aucuns prétendent dans des recettes d’Internet que l’on ne met pas de crème sur la dernière couche ! les malheureux… et comment il tiendrait  le chocolat rapé ? Bien sûr qu’on en met de la crème !!

Last but not least, la pièce allait se parer d’un éclat exceptionnel avec les cerises confites que je déposai au centre et aux quatre coins du gâteau !!

 

Et là, le drame se nouait : il fallait le laisser reposer une nuit au moins au réfrigérateur. Chez nous c’était un Sibir !!

Alors on attendait le dimanche midi, le grand-père venait, il n’avait plus de dents, buvait du café au lait, mais aimait bien le gâteau Brun. Mais il ne mangeait pas un gros morceau, et le plus souvent, il me restait bien une part pour le soir ou le quatre heures… çà faisait du profit, le gâteau Brun !

 

Un gâteau sans cuisson avec des bons œufs, du chocolat… hmmmm ! promis, nous ferons çà ensemble peut-être avant que vous ne lisiez cet article !!

Trop gourmand pour vous faire partager çà !!


 

La recette

 

Préparation : 20 mn
Cuisson : 0 mn
Repos : 0 mn
Temps total : 20 mn
Pour 10 personnes :

    2 paquets de Thé Brun

    2 oeufs

    14 cuillères à café de sucre

    1 cafetière de café (10 tasses)

    120 g de beurre mou

    chocolat en plaque

 

Préparer le café, le laisser refroidir.

 

Séparer les jaunes des blancs d'oeufs.
Battre les jaunes avec le sucre, ajouter le beurre mou, bien mélanger.

Battre les blancs en neige bien ferme. Les incorporer à la crème au beurre en soulevant. Réserver au frais.

 

Tremper les biscuits Thé Brun dans le café (sans les laisser trop ramolir) puis les placer dans le plat en une seule couche, répartisser une couche de crème sur les gâteaux.

Répéter l'opération en alternant les couches de biscuits et  de crème

 

Finir par une couche de crème, puis saupoudrer généreusement de chocolat en copeaux (pas en poudre !!).

Mettre au réfrigérateur plusieurs heures (1 nuit).

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Publié dans fleurs de mon passé

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