guyane 6 belem

Publié le par Popa

7 novembre 2008. Belem



L'appel de la foret passe par le fleuve. A Belem, c'est l'Amazone. Son histoire est mythique. Les espagnols avaient aperçu des indiennes chassant un sein nu (l'autre étant protégé pour tendre l'arc et la flèche ) sur les rives du fleuve. A la fois effrayés et respectueux devant tant de hardiesse, ils donnèrent au fleuve le nom de ces semi-déesses.


Crainte et enchantement, c'est toujours l' impression qui vacille sur ces eaux café au lait. Notre bateau était amarré sur un boulevard affluent de l'Amazone, large comme des dizaines de Champs Elysées. Et nous voulions prendre la démesure de ce débit d eau (de quoi recouvrir chaque jour la
Suisse ou la Belgique).


Crainte d'aller nulle part, en dépit de tant d'espace, crainte de l'ennui devant ce rideau vert d'apparence uniforme d'où émergent régulièrement les houppettes des palmiers acai - qui donnent ce breuvage noir et pâteux qui fait recette dans les échoppes-restos du port -
Crainte de la chaleur sur cette eau tiède, exposés au soleil perpétuellement zénithal sans jamais que l'ombre de ces millions d'arbres ne sortent de leur foret.


Mais sortis de ce boulevard par le premier canal naturel à gauche, l'émerveillement prend le pas. C'est d'abord le signal, toutes dents déployées, de ce petit garçon sortant de sa maison de bois nichée sous ces fameux acai pour aller se baigner. Les maisons s'étalent le long de chaque rive tous les 100 m ou plus selon le même cérémonial : pilotis pour la maison et ponton double (un au niveau de l'eau, l'autre de la maison) qui y accède.


L'espace se ressert entre les berges et sous le fond de notre bateau.

Un buffle, un papillon jaune un oiseau bleu, quelques moustiques, on s'attendait à plus de faune. Mais à moins de fruit. La foret en regorge. Cacao, noix de pécan de cajou, du Brésil, caramboles, goyaves, myrtilles sauvages, les autochtones ont dompté l'espace vert et introduit une culture qu'ils consomment et vendent.


Après quelques heures de navigation, le ciel se fait annonciateur de la pluie drue des débuts d’après-midi sur le delta de l'Amazone. La rain-forest mérite son nom et nous l'apprécions sous les tôles de ce
restaurant improvisé sur pilotis. Un vrai spot publicitaire pur onguent de douche paradisiaque ! Au loin, au bout du boulevard de notre départ, les tours de Belem nous rappellent.
Cette allure de ville américaine ne trompe pourtant pas : Belem, la portugaise, est brésilienne.

 

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