guyane 13 : marais de Kaw
Rémire, Kaw 13 et 14 novembre2008
Grande journée forestière. La Guyane soigne sa foret. Normal c’est sa richesse première. Primaire devrait on dire s’agissant d’une nature que l’homme ne dompte pas.
A défaut d’exploiter ces essences, il en fait un site d’observation. Ainsi, le sentier de la Mirande à Matoury, tout proche de Cayenne, offre-t-il deux parcours balisés permettant d’approcher les très grands arbres dont le plus spectaculaire est le fromager qui tiendrait son nom des parties creuses de son tronc. Ses racines courent sur plusieurs mètres à fleur de sol formant des baignoires.
L’autre grande caractéristique de la forêt est sa faune. 0n passera vite sur insectes et fourmis dont il est préférable de ne pas contrarier les colonies au travail, pour s’intéresser aux oiseaux. L’intensité de leur cri n’est pas nécessairement proportionnel à leur taille, mais on peut sans effort instaurer un dialogue avec certains. Attention : ne pas se prendre pour St François d’Assise, tout de même ! Quelques singes animent aussi la promenade. Mais araignées ou serpents sont beaucoup plus discrets que dans notre imaginaire.
Un détail « choquant » enfin, c’est la chute d’arbres (branches, coques, noix, etc...) qui est la première cause de mortalité en Guyane!
Cette nouvelle intégrée nous partons pour le Marais de Kaw par une longue route de crête entre deux rideaux verts sans ne jamais croiser d’autres routes ! 30 kms pour atteindre une rivière au milieu d’un polder. Déjà, les premiers oiseaux accompagnent notre bateau confortable – glacière ti-punch/inside - spécialement conçu pour ce type de découverte. Hérons, martins pêcheurs, cormorans, urubus, butors, jaunes, rouges, verts, gris, ils n’arrêtent pas, seuls ou en formation, à faire valoir leur technique de pêche.
Apres 18kms de navigation, nous atteignons notre carbet flottant. Une grande bâtisse en bois pouvant accueillir au moins 20 personnes. A six, nous y serons à l’aise. le carbet est un merveilleux point d’observation de la vie du marais. Le soir, le jeu consiste à rechercher deux points luminescents rouges qui balisent le long de la rive ; dans les roseaux : les yeux des caïmans dont certains de plus de deux mètres. Etonnant aussi le cabiai, plus gros rongeur connu qui se balade avec son gros groin carré dans les feuillages. La pleine lune avait facilité notre approche et la « chasse » était bonne.
C’est avec le brouillard, joli voile à la fenêtre de notre chambre de bois que nous écoutons les premiers oiseaux. Premiers ? je ne sais plus tellement la nuit avait été sonore. On ne distinguait plus guère le singe hurleur du ronflement de l’occupant de la chambre d’à-côté.
Même insomniaque, c’est toujours magique de se lever avec le jour et de gommer progressivement la brume avec un soleil qui réchauffe l’atmosphère. Tout est humide. La rambarde sur laquelle je m’accoude pour contempler le pont que vient de laver le capitaine des lieux, un jeune guyanais jovial, le toit qui goutte de la rosée accumulée, le petit pain du petit dej. Tout. Mais Elison, notre guide a tout préparé : une longue pirogue en alu de 10 mètres va nous transporter avec 3 canots à pagaies
pour mieux pénétrer la foret lorsque celle-ci prend le pas sur le marais.
Bien qu’on se retrouve vite seuls sur ces rivières sinueuses, on sent une vie intense autour de soi. Celle des plantes qui s’organisent en une société sans pitié entre longues racines capables de supporter des marées de 3 mètres, lianes ou plantes épiphytes vivant au dépend de leur voisine quand elles ne les étranglent pas! Fleurs de cacao explosant d’un coup de baguette
Celle des animaux, émission de variété des chants d’oiseaux, cris d’insectes ou de singes. La moiteur s’ installe.
Il se passe toujours quelque chose dans la forêt.
Une pluie équatoriale va faire semblant de rafraîchir l‘atmosphère. Nouveau concours de tee-shirt mouillé en perspective. Bien mérité, le poulet boucané maison de notre hôte au carbet
Tentative réussie de pêche à la ligne mais, grands seigneurs, nous libérons nos prises sans le début d’ L’exploration du marais se poursuivra par le croquignolet vlllage de Kaw, enclave française avancée, sa poste, sa bibliothèque, ses rues en terre, sa maison du marais et ses … 60 habitants pêcheurs.
Quelques sourires échangés. Bien compris, vous êtes les gardiens du marais, nous sommes vos faire valoir.