| Le 8 mai 2008, l’Etat d’Israël célébrera le soixantième anniversaire de sa création, une création permise quelques mois plus tôt par le vote de la résolution 181 des Nations unies, le 29 novembre 1947. Et la presse israélienne commence évidemment à bruire d’éditoriaux et d’analyses sur les aspects existentiels de l’idée israélienne et du conflit israélo-palestinien. Si l’Etat d’Israël n’a jamais été aussi fort militairement, beaucoup d’analystes s’inquiètent de ce qu’ils considèrent comme sa relative fragilisation sur le plan stratégique. En effet, relève Ron Ben-Yishay, chroniqueur militaire du Yediot Aharonot, “l’année 2008 sera l’année de la bombe, sans doute l’année la plus stratégiquement déterminante pour l’Etat depuis sa création. Non seulement le Pakistan nucléarisé est en passe de basculer dans le camp de la terreur anti-israélienne, mais l’Iran redouble d’efforts pour se doter de l’arme nucléaire. Avec un conflit avec l’ennemi palestinien qui, soixante ans plus tard, est très loin d’être résolu et un irrédentisme palestinien représenté par une bande de Gaza à la botte du Hamas, c’est le risque d’une bombe sale d’inspiration pakistanaise qui nous attend en cette année de 60e anniversaire de l’Etat.” Mais, pour la plupart des autres observateurs israéliens, ce sont les fractures de la société israélienne qui menacent le plus l’Etat juif soixante ans après une création obtenue dans le feu et le sang. Et, parmi les fractures en question, il y a évidemment les revendications de la minorité arabe. Or, s’inquiète Yoav Stern dans Ha’Aretz, “le groupement politico-intellectuel Adala [mouvement arabe de droits civiques] vient de publier un document dans lequel il revendique la dissolution et la transformation d’Israël, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en une entité supranationale”. |