pink is beautiful : la chute du rugby
Quand votre Popa avait 12 ans, il jouait au foot-ball, comme beaucoup de gamins de son âge.
Mais, fan de tous les sports, il en avait pratiqué plusieurs, en club ou simplement en loisirs.
Mais comme les mêmes gamins de son âge -certains lecteurs se reconnaitront - votre Popa était fasciné par le rugby. Oh! pas par ces batailles de rue genre Castres -Stado tarbais, dans la boue de stades miteux du sud ouest, télédiffusées le sacro-saint dimanche après midi, quand la télé était en noir et blanc !! Roger Marcillac, ancien champion de 400 mètres animait ces après midi où le poste allumé accompagnait le débat familial sur les difficultés politiques ou sociales du moment.
Non, fasciné par ces quatre rencontres par an qui faisaient qu'une France du rugby affrontait quatre autres nations dont j'ai toujours eu du mal à comprendre qu'elles soient autant pour un seul pays : le Royaume Uni. On disait d'ailleurs : la Grande Bretagne, à l'époque. Il est vrai que l'irlande, déjà en proie à la guerre civile (que voulez vous : les catholiques n'aimaient pas les protestants, à moins que ce soit l'inverse). Mais c'était grand, c'était noble : l'équipe irlandaise était composée de joueurs du Nord et du Sud, de pratiquants des deux religions.
Et çà, c'était grace au rugby !! C'est dire qu'on devait respecter la chose.
Bref, la France envoyait crânement des paysans courageux des villages du Sud ouest, lutter contre des gallois arborant un poireau, des écossais au chardon piquant et de fringants anglais, la rose au poing -non, çà c'est plus tard ..on en parlera aussi dans ce blog .- non, mieux : sur la poitrine.
Et Popa, d'aller encourager les "petits" (c'est comme çà que le regretté Roger Couderc, "16ème" homme de l'équipe, reporter du rugby devant l'éternel, appelait les joueurs frappés du coq... ah! les emblêmes...) au Stade Yves du Manoir de Colombes parmi 70.000 spectateurs, effrayés de l'opposition et plein d'espoir de victoires.
Bon. C'était le temps du jeu ouvert, qui avait pour noms Gachassin, Boniface, Albaladejo, Darrouy, etc... de l'amateurisme, et quand on se rixait, c'était vraiment pour l'honneur. Et comme chacun sait, la troisième mi-temps rabibochait ces êtres virils que le combat marquait à vie aux oreilles, au nez ou doublait leurs arcades sourcilières. On se dopait au maïs, au miel et au vin de Gaillac. C'était la France du rugby, saine, exemplaire et vengeresse de la perfide Albion. On n'était pas peu fiers au retour du stade.
Et tout çà a disparu, pourquoi ou comment? le professionalisme. L'argent.
Là s'arrête le lyrisme.
Pour faire du spectacle, on (le "board", sorte de secte dirigeante du rugby "mondial") change les règles - pourtant bien compliquées - tous les ans pour "améliorer" le spectacle. C'est dire qu'on sait faire de l'auto-critique dans le rugby !!
Dans la foulée on parle anglais, ben oui c'est la langue "mondiale". Des fois que le rugby devienne planétaire. On fait même une coupe du "monde" réunissant les toujours mêmes 5 nations (3 pays, comme vous l'aviez compris) auxquelles on ajoute les fleurons du Commonwealth - mot tombé dans l'oubli, mais signifiant perles de la couronne britannique- l'Australie, la Nouvelle Zélande et l'Afrique du Sud., nations leaders du sport né dans les universités chic de Sa majesté. Avouons qu'on ne fait guère mieux comme perles de la démocratie libérale et des droits de l'homme.
On y rajoute le Tonga, les Fidji et les Samoa... çà, les enfants c'est pour la leçon de géographie... pardon? c'est tout petit? ben oui, mais c'est çà la mondialité de ce sport. Tout le monde est présent. On a pu ainsi assister à un match Australie-Tonga : 142 à 0!! L'essentiel c'est de participer! oui, mais pas au point de ridiculiser. Même en phase finale de Coupe du Monde de foot, Trinidad et Tobago - une poignée d'habitants comme le Tonga- ne perd pas de plus d'un but !!!
Tout cela ne serait qu'aimable farce commerciale entre gens de bonne compagnie Burberry's/ vin moelleux/toast foie gras à la mi-temps, si l'on en arrivait pas à l'indécent.
Mais heureusement, l'humour nous sort du faux pas.
Le top 3 du mauvais goût revient incontestablement au Stade français qui caricature désormais ce divertissement où se fourvoient certains de mes amis - qui auront bien sur droit de réponse avec l'humour vengeur que je leur connais !-
Manifestation classée troisième de la prime au mauvais goût : le costume rose.
Rose du maillot, rose des écharpes de supporters, rose de la ligne de vêtement chic Eden Park
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Manifestation classée deuxième de la prime au mauvais goût :
le calendrier modestement dénommé "Dieux du Stade"!!! 
Manifestation classée ptremière de la prime au mauvais goût : no comment ....
C’était le 31 janvier 2009, au Stade de France, en ouverture du match Stade français – Perpignan.
Oui, le rugby est tombé bien bas pour racoller tous les publics et se donner l'allure d'un grand sport populaire.
Hélas, il n'est que celui d'une élite, pratiquante ou assistante, contente de s'encanailler dans "un sport de brutes pratqiués par des gentlemen " (quand je vous dis qu'ils ont de l'humour ces gens du rugby !!)
Un sport confidentiel qui n'a d'égal que le base ball ou le foot-ball américain. Quand on n'a pas les moyens de réunir les adeptes, comme le foot-ball, le basket ou même le had ball, on peut toujours attirer les dollars des sponsors par des subterfuges peu en rapport avec les émotions des "petits" ou les combats engagés de nos dimanches après midi télévisés. On ne s'adresse plus aux mêmes familles, il est vrai
Que mes amis, amateurs de rugby, me pardonne.