les merveilleux jeux de Monsieur Hu

Publié le par Popa et le Monde

Les jeux olympiques n'ayant lieu que tous les quatre ans, les annés bissextiles, ils constituent évidemment un évènement.
Pour qui?
Les sponsors tout d'abord. c'est pour être vus qu'ils paient, et de ce point de vue, être vus par un milliard de chinois, çà vaut quelques millions de dollars de pub ou de dessous de table aux membres du comité olympique pour voter dans le bon sens.
Les organisateurs ensuite. Encore que là, il faille discerner. Discerner les aspects économiques : les comptes étant parfois négatifs ou l'investissement contre productif, c'était le cas à Montréal ou à Athènes où le village olympique n'a pas ét occupé après les jeux, et les aspects politiques. De ce strict point de vue, le résultat obtenu par la Chine est particulièrement brillant (l'article ci-après le montre bien). M.Hu doit être content : c'était bien organisé, c'est à dire que les campagnes ne se sont pas rebellées et que les internautes n'ont pas navigué sur Google, même si tout çà a été un peu (pâlement dénoncé).
Un évènement pour les athlètes? Ce devrait être les héros de la fête. Si l'on en juge par leur "préparation", on peut penser que oui. Si l'on en juge par le pari commercial dont ils font l'objet, sûrement.
Un évènement pour le monde? Clairement plus du tout. Pierre de Coubertin  faisait de la renaissance des jeux modernes un espoir de paix par le rassemblement des peuples, là "çà ne va pas le faire" selon l'expression à la mode. C'est le 8 août, jour d'ouverture des jeux que les troupes géorgienne pénètrent en territoire d'Ossétie (de Russie pour faire simple), et quand on mesure la symbolique de ce conflit (la renaissance des "jeux "de la guerre froide, voire plus), on se dit que les "valeurs" (autre mot à la mode dans la bouche de nos politiciens peu avisés) se perdent ! Ne parlons pas des droits de l'homme en Chine, le sujet a été traité devant Sarkozy, ci-devant président en exercice de l'Union européenne, par un superbe bras d'honneur !
Un évènement enfin sûrement pour la Moldavie et le Tadjikistan qui ont eu des médailles, parmi les 87 pays qui en ont décrochés!

Allez, ne faisons pas la fine bouche. Tonton Aymic m'en voudrait : la victoire de l'équipe de France de hand ball était bien méritée. Plus que tout autre sport co, rugby ou foot, ce sont bien les hand-balleurs (et même les hand-balleuses qui ont fini 5ème) qui sont les plus réguliers et qui nous offrent les plus belles émotions !!
L
es Jeux de Pékin se sont terminés comme ils avaient commencé : un gigantesque feu d'artifice. Dans les gradins ou derrière son écran, le public en a pris plein les mirettes tout au long de la compétition. Sur la piste du Nid d'oiseau comme sur celle du vélodrome de Laoshan ou dans les bassins du Cube d'eau, le spectacle a été époustouflant

Trente-deux records du monde battus : depuis les Jeux de Munich, en 1972, du temps de la splendeur des pays du bloc de l'Est, on n'avait pas vu pareille hécatombe. Pékin 2008 aura consacré le dernier grand pays communiste, la Chine. Le pays organisateur, comme c'était programmé, a terminé pour la première fois en tête du classement des nations avec 51 médailles d'or, loin devant son rival américain (36 titres olympiques).

"Le succès des Chinois durera aussi longtemps que leur système sportif se maintiendra", a prédit le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge au moment de clore les Jeux. Les larmes du peuple chinois après l'abandon sur 110 m haies de Liu Xiang auront vite été séchées par les prouesses des gymnastes, des pongistes, des plongeurs, des haltérophiles Dimanche 24 août, dernier jour de compétition, Zou Shiming et Zhang Xiaoping ont même apporté à leur pays ses deux premiers titres olympiques en boxe.

Des premières, les Jeux n'en ont pas manqué. Avant Pékin, les handballeurs français n'avaient jamais décroché l'or. Avant l'Ethiopienne Tirunesh Dibaba, aucune femme n'avait réussi le doublé 5000-10000 m. Avant Xian Dongmei, aucune judokate chinoise n'était parvenue à conserver son titre qui plus est quelques mois seulement après avoir donné naissance à son premier enfant.

Des belles histoires, donc. Mais pour que le spectacle soit total, Pékin 2008 s'est aussi offert deux héros. Un par semaine.

           

Le nageur américain Michael Phelps avait ouvert le bal en devenant le premier athlète à remporter huit titres olympiques au cours des mêmes Jeux. Le sprinteur Jamaïcain Usain Bolt a orchestré le bouquet final en décrochant trois médailles d'or et autant de records du monde. Avec cinq titres olympiques sur six, les Jamaïcains ont fait main basse sur le sprint mondial.

Avec sept médailles d'or sur dix possibles et deux records du monde pulvérisés, les cyclistes sur piste britanniques ont également évolué dans "une autre catégorie", comme l'ont constaté certains de leurs adversaires rendus à l'état de figurants.
A l'instar d'Usain Bolt, l'entraîneur des Britanniques a prévenu que la domination de ses coureurs ne faisait que commencer et qu'ils étaient programmés pour les JO 2012.

"INTERESSANTS ET TROUBLANTS"

Boris Johnson, le maire de Londres, assure que sa ville est "prête pour relever le défi de Pékin". Mais la capitale chinoise a placé la barre très haut. A la plus grande joie du CIO, qui a souligné à maintes reprises que les sondages d'opinion réalisés auprès de ses partenaires commerciaux et du public lui donnaient raison d'avoir confié les Jeux à Pékin.

Autre motif de satisfaction pour l'institution olympique : le spectacle de Pékin aurait été suivi par plus de 4 milliards d'individus à travers le monde. Là encore, un chiffre à noter au livre des records. Le vice-président du comité d'organisation (Bocog), Wang Wei, s'est également félicité du bon déroulement des Jeux. "Tout le monde est content : le public, les athlètes, mais pas les médias", a toutefois déploré le numéro deux du Bocog.

C'est que la grande parade des Jeux, plus parfaite que jamais dans son organisation, laisse davantage perplexe dans sa réalisation. Il y a d'abord eu la révélation des trucages de l'impressionnante cérémonie d'ouverture qui, au rayon artifice, n'a pas donné uniquement dans les feux. Le doute s'est ensuite installé quand les médias américains ont dénoncé un autre trucage, difficile à vérifier : l'âge d'une jeune gymnaste chinoise double médaillée d'or.

Enfin, devant autant de performances extraordinaires, difficile de ne pas être dubitatif, comme l'ancien patron de l'Agence mondiale antidopage, Dick Pound, pour qui "tous ces records enregistrés à Pékin sont à la fois intéressants et troublants". Les Jeux de Pékin n'étaient peut-être qu'un mirage.

Stéphane Mandard

 

 

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